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Le maire perd ses nerfs

Suite à un article publié par le maire sur son blog, le jeudi, 30 avril 2015, intitulé « Pour un débat public entre adultes responsables » , une citoyenne et parent d’élève indignée répond via  un texte satirique sur Facebook. Un texte tellement drôle que nous ne résistons pas à le partager.

 

En tant qu’irresponsable et infantile parent d’élève, voici ce que m’inspirent les propos tenus sur son blog par notre maire, Antoine Vielliard, à l’encontre de la FCPE de Saint-Julien et de la Salévienne sous le titre « Pour un débat public entre adultes responsables » :

DU BON USAGE DE LA DÉMOCRATIE SOUS LE RÈGNE D’ANTOINE « L’OMNISCIENT », PATRIARCHE DE SAINT-JULIEN ET SAINT PATRON DE LA CONVIVIALITÉ

Face à l’obscurantisme d’archaïques groupuscules dont la mission, hormis celle de nuire au prince, est de défendre des principes d’un autre âge tels que le service public et la transmission du savoir, notre Antoine municipal a, dans son infinie mansuétude, pris de son temps précieux pour éclairer son bon peuple sur les principes de la démocratie.

Ces pauvres âmes égarées sur les voies diaboliques du scepticisme ont en effet eu l’outrecuidance de douter des choix de notre respecté bourgmestre et de critiquer ses nobles pratiques en matières de débat public.

Honte à ces sujets irresponsables qui estiment que l’écoute, dont Sir Antoine a fait un des piliers de la démocratie locale avec la transparence et la convivialité, passe avant tout par les bases du savoir-vivre comme d’apporter une réponse à leurs missives.

Pauvres candides qui pensent que l’Égalité, cette poussiéreuse valeur républicaine, doit s’appliquer sans concessions à tout ce qui concerne l’éducation et qui, incapables de proposer d’arbitraires solutions au maintien de l’équilibre budgétaire de notre belle cité, n’ont rien trouvé de mieux que demander une réflexion collégiale.

Et que dire de cette hermétique société savante fondue d’histoire locale et de patrimoine qui, sortie de ses anciens grimoires, use d’immorales figures de style pour faire part de son mécontentement et a le culot de prétendre que plus loin on regarde vers le passé, plus loin on voit vers l’avenir; et de croire que la réflexion nécessite un temps de retrait et de réserve mais aussi que la confrontation des idées est indispensable à la prise de décision.

Qui sont-ils pour oser mettre en doute les compétences décisionnelles et les méthodes de concertation orientées de notre édile passé maître dans l’art de la fourberie mentale et pour ainsi fustiger la domination technocratique qui guide ses choix ?

Et bien, figurez-vous que n’ayant aucune réponse à leurs impertinentes requêtes, ces insubordonnés coquins, ignorants de l’intérêt général, ont eu l’audace d’utiliser ce dangereux outil qu’est le droit de pétition, symbole de la souveraineté populaire et des droits du citoyen.

Ces enfantillages ont, vous le comprendrez, fâché tout rouge notre premier magistrat !

Comment ne pas être reconnaissant à ce bienfaiteur de la collectivité qui souhaite juste adapter les méthodes de gestion des entreprises privées aux affaires de la cité en faisant le choix de l’efficacité au détriment de l’éthique ?

Comment ne pas croire aux bonnes paroles prêchées par ce chantre de l’orthodoxie économique dont les modèles formalisés ont été érigés en vérité absolue. Et tant pis si les solutions sont socialement inadaptées !

Mais qu’ont-ils donc à rejeter les principes d’un nouvel hygiénisme qui cherche à nous élever vers un ordre moral bienveillant, soucieux de notre sécurité, de notre bien-être, de notre insertion heureuse dans une ville conviviale où chacun a sa place (et doit surtout y rester) ?

Comment ne pas applaudir les visions eucharistiques de ce Monsieur Propre du comportement sociétal et ne pas entendre ses sermons qui tendent à une normalisation sans limites d’où serait évacuée toute parole alternative ?

Rappelons à ces brebis perdues, victimes de la pensée critique et du libre arbitre, que dans sa grande générosité, notre bailli sera clément et prendra toutes les dispositions nécessaires pour les ramener sur le droit chemin du prêt-à-porter intellectuel afin d’en faire d’obéissants et responsables sujets.

Un commentaire

  1. evelyne malod dognin

    Riposter sans perdre son humour, ça c’est la classe !!! C’est vrai qu’on lit des trucs étonnants sur les blogs de nos élus, voire des trucs qui déstabilisent parce qu’ils font perdre les quelques repères politiques que l’on arrivait tant bien que mal à maintenir. Par ex, je croyais jusqu’à aujourd’hui que le Modem était un parti du milieu – avec certes un glissement généralement spontané vers la droite, mais pas vers son extrémité – un parti bien pensant donc, pétri de valeurs chrétiennes comme l’honnêteté, le partage, la solidarité. « Solidarité » … tiens ! Que voilà un joli mot qui pourrait remplacer avantageusement celui de
    « convivialité », décidément trop galvaudé depuis quelques temps.
    Justifiant sa décision de faire payer par les parents d’élèves une partie du coût du Temps d’activités périscolaires, on peut donc lire sur le blog de notre maire que « l’essentiel du coût reste supporté par les contribuables DONT UNE PARTIE D’ENTRE EUX N’ONT PAS D’ENFANTS DANS LES ÉCOLES». Ben oui, dans notre société ceux qui ont du boulot cotisent pour ceux qui n’en ont pas ou plus, les bien portants cotisent pour ceux qui ont la malchance d’avoir de longues maladies, ça s’appelle la solidarité. Et Dieu merci, ça existe ! « Honnêteté », voilà un autre joli mot qu’il faudrait inscrire dans la liste des indispensables pour gouverner. Toujours dans le même article on lit que « depuis 15 ans la commune n’a pas construit une salle de classe supplémentaire ». Quid de l’extension de l’école du Puy Saint Martin et de la cantine pour maternelles qui va avec ? C’est bien sous la précédente municipalité que ce projet a été lancé, il me semble. Comme la plupart des grands projets à venir du reste. « Rigueur », ce mot là on l’entend beaucoup aussi. Il faudrait l’appliquer dans un sens plus large que celui de l’économie budgétaire. Et pourquoi pas conjuguer rigueur et honnêteté tant qu’on y est, surtout lorsqu’on rapporte les propos des autres. Ne pas écrire par exemple « une société savante compare la destruction du Pont Manera aux destructions gratuites du patrimoine mondial de l’humanité par les terroriste de Daech » alors que la phrase exacte publiée dans presse genevoise énonce simplement ainsi le point de vue d’un défenseur du patrimoine local : « nous sommes choqués quand les dhihadistes détruisent le patrimoine du Moyen-Orient, mais que faisons-nous du nôtre ? ». Le sens n’est pas tout à fait le même.
    Cerise sur le gâteau, visant notamment deux associations respectables, on peut lire encore : « si chacun se comporte de manière irresponsable et infantile, les décideurs CONTINUERONT d’être libres de décider tout seuls ». Traiter des parents d’élèves et des historiens vénérables de gamins irresponsables, c’est déjà pas très courtois. Mais ce qui m’interpelle aussi, c’est ce verbe, mis au futur : « Continueront ». Ça a le mérite d’être dit sans détour ! Et comme disent les enfants « c’est celui qui le dit qui y est » !

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