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De la proximité en 2017 : vos associations deviennent des prestataires de services indirects

De la proximité en 2017 : vos associations deviennent des prestataires de services indirects

Un immense effort a été demandé aux associations en l’espace de deux ans : – 20% de subventions, un équipement et l’aide des services techniques mis à leur disposition chiffrés à la virgule près, des documents qui ressemblent à un business plan pour obtenir une subvention, des injonctions à travailler sur des projets ville sans toujours une convention claire au bout. Des salles qui deviennent payantes, des conventions comme celle de la MJC qui ressemblent à une délégation de services indirecte.

Une obligation est clairement posée aux associations et aux clubs sportifs : trouver de nouvelles sources de financement, se faire connaître, obtenir des entreprises locales des aides sous forme de mécénat. Se débrouiller, continuer et accepter les nouvelles règles sans broncher.

De la négociation avec les associations ? Vive la méthode du chat et de la souris !

Pour faire avaler la pilule aux associations des -20% en deux ans, des salles payantes, de la valorisation des services de la ville et des équipements, la négociation façon OPA est de mise.

La méthode est dure : faire peur, dire c’est comme cela où j’arrête de subventionner, mettre en concurrence pour obtenir une marge confortable de négociation. Une fois toutes les associations au travail pour produire un document qui ressemble à un business plan, on relâche du mou et on obtient sans trop de difficultés ce qu’on voulait. Et ça marche !

La subordination financière vous connaissez ?

La subordination est le lien hiérarchique et juridique qui pose les règles des relations entre un employé et son employeur. La subordination se traduit par la location de ses compétences moyennant une rétribution et un contrôle des actions mises en place.

Et bien le maire a inventé la subordination financière à outrance avec les associations. Exit le partenariat classique nécessairement formalisé par des objectifs partagés et coproduits entre celui qui subventionne et celui qui a les subventions, dans le respect de l’indépendance de l’association. Le contrôle s’infiltre à tous les niveaux.

La convention signée avec la MJC qui  permet à cette dernière de survivre en fusionnant avec l’espace Part’âges pour devenir centre social est très éclairante sur le sujet.

Oui les membres de la MJC sont satisfaits ; ils le disent. Ils survivent. Mais à quel prix ?

En vérité, la subvention qui leur est accordée est divisée en 4 paiements annuels qui seront précédés d’une réunion avec le nouvel organe de gouvernance : un collège d’élus de la commune, de fonctionnaires et de membres du nouveau centre social.

Alors qu’on nous a rabâché pendant le Conseil Municipal que le principe de confiance mutuel a permis de poser les axes de travail de la nouvelle association loi 1901 et  15 fiches actions qui les déclinent, et bien la confiance finalement sera évaluée au fur et à mesure.

A ma question : « En clair, Monsieur le Maire, si vous estimez que les fiches actions ne sont pas réalisées comme vous l’entendez, est-ce que vous suspendrez les paiements ? ».

Réponse sibylline : « il n’y a pas de raisons que les choses ne soient pas faites comme elles ont été définies. »

Une pensée pour le permanent ou la permanente de la MJC qui sera licencié

Ce nouveau centre social associatif laissera un goût amer sur le plan social à l’un des salariés actuels de la MJC. Le prix à payer pour un mariage de raison ? Un licenciement. Par contre le personnel de l’Espace Part’âges employé actuellement par la mairie est lui sauvé et intégré dans la nouvelle structure….

Au fait, n’affichez plus votre signalétique où vous serez sanctionnés !

Que penser des nouvelles mesures coercitives prises pour empêcher les associations de se faire connaître lors des manifestations qu’elles organisent, alors qu’on leur demande de faire plus d’argent par leurs propres moyens ?

Finies les affiches signalétiques pour expliquer aux gens où se trouve la bourse aux vélos, le marché éco bio, le vide-grenier ! Il vous en coûtera une amende salée d’afficher sous prétexte de pollution visuelle, alors que la signalétique communale n’est pas encore mise en place. Par contre les immenses banderoles et affiches de Carrefour à proximité de la Présentation de Marie, elles ne dérangent pas.

En somme, les associations perdent en autonomie et sont systématiquement passées au crible de leurs actions quand elles veulent se faire subventionner par la commune et on leur demande de vérifier si leurs actions sont « rentables » par rapport aux subventions données.

Et si  le travail des 80 associations et clubs de sport de la commune étaient évalués et valorisés ? Il en coûterait combien à la ville de faire le job à leur place ?

Image © Fotolia

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