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EHPAD et  USLD à Saint-Julien-en-Genevois :  quelles conditions d’accueil pour nos aînés ?

EHPAD et USLD à Saint-Julien-en-Genevois : quelles conditions d’accueil pour nos aînés ?

« Un  petit coup de gueule » sur les conditions de vie à l’EHPAD, établissement que je fréquente depuis plus de 6 ans, en tant que référente d’une personne âgée de ma famille

Que se cache-t-il derrière ces sigles ?

L’EHPAD, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, est une structure collective accueillant des personnes âgées, en perte d’autonomie, qui ne veulent ou ne peuvent plus rester à domicile (le terme EHPAD a remplacé l’ancienne appellation « maison de retraite »*).

Actuellement, l’EHPAD de Saint-Julien accueille jusqu’à 60 résidents ; sur le site AGE+74 du Conseil Général (CG), il est encore indiqué une capacité de 80 lits. Les 20 lits du quatrième étage ont été fermés il y a environ 3 ans pour cause d’intendance.

L’USLD, unité de soins longue durée, est un établissement sanitaire destiné à l’hébergement des personnes âgées ayant perdu leur autonomie et dont l’état nécessite une surveillance et des soins médicaux constants*.

L’USLD (anciennement dénommée V2 ou Gériatrie) qui avait une capacité d’accueil de 50 personnes (données du CG) en reçoit actuellement 30 maximum.

Depuis le 1er janvier 2014, la gestion de l’EHPAD et de l’USLD relève du Centre Hospitalier Annecy-Genevois (CHANGE).

A noter que les EHPAD peuvent dépendre d’autres organismes : l’EHPAD de Viry est communal, celui de Collonges-sous-Salève est privé.

Pour de nombreuses raisons, les conditions de vie à l’EHPAD se sont détériorées au fil des années.

  • Un bâtiment  vieillissant, construit à l’origine pour accueillir des personnes valides :

– pour preuve, ma grand-mère y a résidé au début des années 80 et je retrouve les mêmes chambres : pas de travaux de rénovation au niveau des étages accessibles par deux ascenseurs, dont un seul peut être utilisé par les fauteuils roulants (de plus, il est souvent en panne ….).

Au niveau hébergement : les chambres ont un WC et un coin toilette avec seulement un lavabo, les deux n’étant pas accessibles aux fauteuils roulants. Quelques chambres sont individuelles, la majorité étant à deux lits (deux personnes en fauteuil roulant ne pouvant pas s’y croiser !!).

Il suffit, de l’extérieur, en passant devant le bâtiment de jeter un coup d’oeil aux stores : nombreux sont ceux qui sont dégradés, et cassés en position mi-baissée. Aucune réparation n’est envisagée, si ce n’est d’enlever ceux présentant un risque de tomber et de blesser un passant !!

– jusqu’à la fermeture des 20 lits du 4ème étage, il y avait deux salles de restauration : une au sous-sol pour les personnes les plus fatiguées, et une au rez-de-chaussée pour les plus vaillantes.  Maintenant, les 60 personnes mangent dans une seule salle : bondée évidemment !

– la bibliothèque a été supprimée il y a 3 ou 4 ans, pour laisser place à un bureau !!

  • Des difficultés de recrutement du personnel

Le turn-over, l’instabilité des effectifs conduit à de nombreux dysfonctionnements notifiés par les familles à la direction de l’établissement lors d’une réunion en janvier dernier. Je n’en dresserai pas la liste, car ils relèvent de l’intime de nos chers parents. Mais l’impuissance face à ces situations provoquent soit des coups de colère, soit des coups de déprime !!

Certes notre région rencontre des difficultés de recrutement, dues en partie à l’attrait de la Suisse, mais pas seulement : reprise d’études de soignants pour certains ; demande de mutation pour un autre  établissement français proche (aux locaux plus adaptés, donc avec des conditions de travail plus faciles) ou départ pour une autre région de France (à cause du coût de la vie dans la région trop chère pour des petits salaires en euros) pour d’autres. Très souvent le matin, du personnel de l’hôpital vient en renfort, des intérimaires viennent compléter les effectifs.

Comment ne pas être découragé dans son travail lorsqu’il faut continuellement former (ou plutôt informer!) des nouveaux, de passage pour un jour, deux jours !!!! Difficultés pour les soignants de former des équipes soudées, unies !

Ce turn-over a pour conséquence, une absence de repères stables pour les résidents.

  • D’autres raisons concourent à cette détérioration : 

– le départ à l’automne dernier du médecin régulateur qui officiait à mi-temps (il n’avait pas pour mission d’effectuer des visites médicales auprès des résidents ; celles-ci relevant des médecins traitants de ville).

– le poste d’animatrice occupé depuis un an par du personnel à mission temporaire avec des périodes non recouvertes. Une association créée depuis un an et demi par des bénévoles prend le relais pour distraire nos aînés.

– actuellement, le poste de psychologue est vacant.

– les mesures d’économie décrétées par le CHANGE conduit à la réduction des services fournis : les familles doivent depuis quelques mois fournir tous les produits de toilette, certains soins comme ceux de pédicurie seront à la charge des familles depuis début 2015.

Il faut savoir que le résident règle tous les « services » en plus de l’hébergement : visite du médecin traitant, transfert en ambulance de l’EHPAD à l’hôpital pour un éventuel examen, kiné, entretien du linge, ouverture de ligne téléphonique, coiffeur, …..

Dans ce contexte de difficultés, la Direction a averti les familles que le Conseil général avait décidé d’une augmentation des tarifs d’environ 10% au printemps 2015.

Augmentation qui fait suite à celle de 10,27% qui a eu lieu en mars 2013. A l’époque, j’avais écrit au Conseiller général de Saint-Julien pour lui demander des explications : comment argumenter une telle augmentation dans un bâtiment qui n’a jamais été amélioré, quand le salaire des employés-fonctionnaires est gelé depuis 2010, et quand les services rendus se détériorent !!!

Il ne m’a jamais répondu ; je sais qu’il a reçu mon courrier car ce dernier a été transmis au Directeur chargé des relations avec les usagers du CHANGE, qui, lui, m’a expliqué que les tarifs pratiqués ne permettaient pas de couvrir les charges de l’établissement (déficit encore accentué par la fermeture des 20 lits pour manque de personnel !!!).

Quelle évolution attendre pour cet établissement ?

Depuis bientôt 10 ans, des rumeurs courent sur la rénovation, la reconstruction d’un nouvel EHPAD. Lors des vœux de 2009, le maire de l’époque l’annonçait officiellement pour un avenir plutôt proche.

La Direction du Pôle de Gériatrie, interrogée, en janvier, a donné comme information que le nouveau directeur, récemment nommé à la tête du CHANGE, allait devoir étudier tous les dossiers afin de déterminer les chantiers prioritaires !!!! Dans le cas d’une étude positive, il faudra attendre au moins 5 ans avant d’avoir une structure adaptée aux handicaps de plus en plus importants des nouveaux arrivants !

A vos bulletins de vote en mars en toute connaissance de cause !

Les lois de décentralisation ont confié au Conseil Général la responsabilité de piloter au plan départemental la politique médico-sociale en faveur des personnes âgées.

Les 22 et 29 mars prochains, nous voterons pour élire nos Conseillers Départementaux (ex. Conseillers Généraux).

Vérifions la place tenue par cette problématique dans les programmes de campagne de chacun des candidats.

* Définitions relevées sur le site AGE+74 du Conseil Général de la Haute-Savoie

EHPAD saint-Julien - un vrai Cap pour Saint-Julien

3 commentaires

  1. Une question me vient: Quel est le coût de l’hébergement pour les résidents de l’EHPAD?
    et une reflexion: on sait que la population vieillit – autrement dit, nous vieillirons et aurons de plus en plus longtemps besoin de structures adaptées – toutes les études le disent. Si les politiques d’aujourd’hui n’anticipent pas les besoins de demain, les conditions d’accueil de demain seront bien pire que celles d’aujourd’hui. Alors oui, votons pour des conseillers généraux qui prendront sérieusement en compte ces problématiques!

    • Michèle Marie De Smedt

      Cet article peut enfin être complété, et une réponse apportée à la question d’Evelyne.

      Les nouveaux tarifs fixés par le Conseil Général, applicables à compter du 1er mai 2015, viennent d’être communiqués aux familles :
      – prix de journée hébergement en chambre simple : 55,57 € par jour (au lieu de 52,32 €), soit 1722,67 € pour un mois de 31 jours (au lieu de 1621,92 €).
      – tarif journalier dépendance pour ma parente en GIR 1-2 (selon grille nationale évaluant le degré de perte d’autonomie) : 20,87 €, soit 646,97 € pour un mois de 31 jours. Sur cette somme le Conseil Général prend en charge 472,75 € au titre de l’APA (Aide Personnalisée d’Autonomie). Reste donc à la charge du résident une participation de 174,22 €. A noter une légère baisse de ce tarif dépendance, qui était fixé précédemment à 21,88 € par jour.
      – prestation entretien du linge : 35 € mensuel
      Soit une facture de 1931,89 € € pour un mois de 31 jours.

      A titre comparatif, en 2009, le prix de journée d’hébergement était à 47,15 € et celui de la dépendance en GIR 1-2 à 14,90 €.
      Soit une augmentation de 23% en 6 ans !!!!

      Bien évidemment, des variations s’observent selon les résidents :
      – logement en chambre double : 53,28 € par jour
      – tarif journalier dépendance : deux autres tarifs sont fixés en fonction du degré du handicap (13,25 € en GIR 3-4 et 5,62 € en GIR 5-6),

      L’EHPAD de Saint-Julien a les tarifs les moins chers du département, mais est aussi le plus vétuste.

  2. Michèle Marie De Smedt

    J’ai bien noté la question sur le coût de l’hébergement à l’EHPAD. Souhaitant répondre avec précision, j’attends la communication du tarif 2015 voté par le Conseil Général ; la notification devrait être envoyée d’un jour à l’autre.

    A quelques jours des élections départementales, un petit bilan sur les positions des candidats sur cette problématique s’impose, positions soit décrites dans les programmes papier distribués dans nos boîtes aux lettres, soit entendues ce mardi soir 17 mars sur TV8 Mont-Blanc.
    M.SBRIGIO, journaliste menant le débat, a rappelé que la solidarité était la compétence régalienne du département.
    Si la loi portant sur le périmètre d’intervention du Département ne sera votée qu’en juin 2015, il semble acquis que le social restera la compétence n°1.

    – Binôme Duby-Muller/Monteil :
    Ce soir, Mme Duby-Muller a précisé qu’il manquait 200 places en « maison de retraite » en Haute-Savoie. Avec M. Monteil, elle a rencontré récemment Mme Rossignol, Secrétaire d’Etat chargée de la famille, des Personnes Agées et de l’Autonomie, pour l’alerter sur ce déficit de places.
    Sur leur programme, un chapitre est consacré à la solidarité sociale et à la santé dans lequel sont cités les engagements suivants : « accompagner nos aînés en développant l’aide à domicile … et les projets de maisons médicales » », « en soutenant la modernisation des maisons de retraite », « en oeuvrant pour la réouverture de lits pour personnes âgées ».

    – Binôme Gauthier/Merle :
    Ce soir, M. Merle a clairement exposé le manque de places en EHPAD dans notre département ; il a cité la situation catastrophique de celui de Saint-Julien (efforts insuffisants des deux Conseillers Généraux sortants) et s’est engagé sur un programme pour les personnes âgées.
    Sur leur programme, dans le chapitre consacré au social, un engagement solidaire est pris pour « renforcer des solutions pratiques pour l’accompagnement de nos aînés ».

    – Binôme Luho/Bailly :
    Ce soir, Mme Luho n’a pas évoqué le problème spécifique de la personne âgée dépendante, mais le problème plus général de la solidarité ; elle a décrit comment et avec quels moyens recruter du personnel dédié au social.
    Pas vu de programme écrit.

    – Binôme Duclos/Vieillard :
    Non présents au débat
    Sur leur programme, dans le chapitre consacré au social, pas un mot sur les personnes âgées, dépendantes ou non ! Leur projet est décliné en  : « Orienter l’action sociale vers ceux qui en ont le plus besoin : …. jeunes actifs, parents isolés, retraités au minimum vieillesse » !!!

    Bien évidemment, cette problématique ne représente qu’un des volets des compétences de nos futurs élus !
    Les intervenants présents lors du débat sur TV8 Mont-Blanc ont tous mis en avant la nécessité d’être des élus de terrain, de proximité !
    Rendez-vous en avril !!!!

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