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Opposer les Saint-Juliennois, une sacrée façon de voir la convivialité

Opposer les Saint-Juliennois, une sacrée façon de voir la convivialité

Pour tous ceux qui surfent sur les réseaux sociaux, il n’aura échappé à personne les publications quotidiennes d’un maire qui s’auto-satisfait de sa vision de la convivialité, de ses réalisations et du seul axe politique majeur de son mandat : réduire l’action publique de proximité à un fichier Excel et expliquer que chacun coûte à l’autre et s’oppose à son voisin, selon qu’il est contribuable ou bien usager.

A trois ans des prochaines municipales, je me pose des questions sur la conception du service public qui nous est imposée dans notre ville : la mise au pas systématique de toute forme d’opposition, de réaction ou de critique à l’égard d’un service public réduit à un système de gestion de plus en plus dur et parfois inégalitaire pour certains.

A St-Julien, le service public de proximité est progressivement grignoté au nom d’un management du rendement, spécifique aux entreprises privées. Fichés, évalués, opposés les uns aux autres, nous sommes tous en train de devenir les acteurs de calculs scientifiques qui dénaturent et finissent par abîmer le seul ciment pérenne d’une société riche de sa diversité : la cohésion sociale.

Ce que la majorité a vendu aux électeurs en 2014.

La majorité a vendu aux électeurs en 2014 plus de proximité, plus d’humanité, plus de considération, plus d’équité, plus de transparence.

A contrario, nous avons gagné moins de proximité, moins d’humanité, pas toujours de l’équité et une transparence qui tourne à l’opacité dans certains cas.

Nous avons gagné une injonction systématique : celle d’être des citoyens responsables comme si nous ne l’étions pas et que nous avions besoin de ce rappel paternaliste pour connaître et comprendre les besoins et les moyens da la commune.

Nous avons aussi hérité d’une nouvelle façon de justifier les choix politiques de la majorité pour aboutir à une restriction budgétaire, certes nécessaire, mais inégalitaire.

Cette petite phrase : « il n’est pas juste que le contribuable paye pour l’usager » ressort régulièrement en conseil municipal sans que personne ne bronche et ne se demande ce qu’elle veut réellement dire : l’opposition entre des utilisateurs de services comme si ces services ils ne les payaient pas en plus d’être contribuables et des contribuables éthérés qui n’utiliseraient aucun service ! Pourquoi ne pas dire tout simplement : on a besoin de tout le monde et on doit faire des choix que nous assumons ! Mais non, on n’échappe pas à la nécessité de culpabiliser au lieu de rassembler, de soit disant responsabiliser au lieu d’expliquer.

Et pendant ce temps, certains de la majorité démissionnent

Ces promesses non tenues, ces choses qu’ils n’ont pas dites mais qu’ils font finissent par faire fuir certains membres de cette majorité. Ils ont cru avec sincérité aux promesses et certains sont si déçus, voire dégoûtés de la tournure que prennent les choses, qu’ils posent leur démission ou prennent définitivement leurs distances en ne venant plus au Conseil Municipal.

Image © Fotolia

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