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Dossier spécial cinéma Rouge et Noir

Dossier spécial cinéma Rouge et Noir

7 questions-réponses pour défendre un cinéma de qualité et de proximité

Le cinéma « Rouge et Noir » a réussi son pari en quelques années : devenir un équipement culturel incontournable de la commune. Un nouveau marché public va être lancé pour choisir le gestionnaire du cinéma pour les 6 prochaines années. Nous serons plus que jamais vigilants quant à la rédaction du cahier des charges ! La qualité de notre cinéma de proximité doit rester le principal critère et nous ne voulons pas la monnayer.

Connaissez-vous l’histoire du « Rouge et Noir » ?

Le cinéma » Rouge et Noir » a été créé suite à la fermeture en 1999 du cinéma de Saint- Julien, exploité à l’époque par Mme Baud. Elle possédait l’essentiel des salles de cinéma de la Haute-Savoie du Nord. La construction des différents Multiplex, en particulier celui de Gaumont d’Archamps dont elle était partenaire a marqué la fin de l’exploitation des deux salles de Saint Julien.

Un groupe de passionnés qui animait l’association « Cinéma Qualité » a souhaité maintenir une programmation. Ils ont réussi avec l’accord et l’aide de la municipalité de l’époque à  proposer des séances de « ciné-club » dans la salle du « Savoie » dès 2004.

C’est en 2005 que la municipalité décide de racheter les salles de l’ancien cinéma et de les rénover afin d’offrir une salle conforme aux nouvelles normes aux Saint-Juliénois. La salle est livrée lors du dernier trimestre 2007.

Elle lance un marché public de gérance auquel l’association « Allons au cinéma » qui a succédé au « Ciné Qualité » répond.  L’association obtient l’exploitation de la salle pour une durée initiale de 3 ans. Ce marché sera reconduit en 2010 pour une durée de 6 ans après consultation.

Comment est actuellement exploité le cinéma Rouge et Noir ?

L’exploitation actuelle répond à un cahier des charges centré sur un projet culturel, éducatif et social de qualité.

Le cahier des charges de l’ancienne municipalité rappelle bien entendu le cadre dans lequel s’inscrit cette exploitation.

« Cet équipement de centre-ville a pris place dans un schéma culturel prévoyant trois structures phare : le cinéma, l’Arande maison des activités, et un centre culturel comprenant une salle de spectacle professionnelle (vraisemblablement place du Crêt).

Le cinéma est donc conçu comme un lieu culturel autonome, outil du développement culturel de la ville (en terme de médiation notamment, en direction des publics scolaires et des quartiers). »

La gestion, l’exploitation et l’animation du cinéma, rebaptisé « Rouge et Noir », de St-Julien devront s’intégrer dans une réflexion globale menée sur les équipements culturels de la ville : le public sera amené à circuler d’un lieu à l’autre, et ces équipements s’intègrent au schéma d’aménagement urbain.

Le cinéma de St-Julien est avant tout un service public. Il porte un triple enjeu :

  • enjeu éducatif, il fournira aux enseignants de la commune un nouveau support           pédagogique, et contribuera à l’éveil culturel et artistique des élèves         
  • enjeu culturel, il permettra aux structures sociales et socio-culturelles de développer un axe supplémentaire à leurs actions culturelles et de loisirs, pour renforcer le sentiment d’appartenance à une même société
  • enjeu artistique, il délivrera à l’ensemble de la population un accès privilégié à l’art   cinématographique et à la culture dans sa dimension la plus large

Lieu de médiation culturelle, son objectif est double. Il présentera des films de qualité, aussi bien grand public que classés art-et-essai. Et il fournira un lieu de rencontre et de discussion

Intergénérationnel. Il animera ainsi St-Julien, à rebours d’une image endormie de cité résidentielle, et participera à la revalorisation de l’identité de la ville en tissant de nouveaux liens entre les habitants.

Dans ce cadre, l’identité du cinéma « Rouge et Noir » se fondera sur sa programmation éclectique et sur les événements qu’il saura mettre en place : festivals, rétrospectives… pour satisfaire le public cinéphile autant qu’attirer un nouveau public. L’espace convivial, comprenant notamment le bar, sera ainsi amené à jouer un rôle déterminant dans la politique d’animation et de sensibilisation proposée par le Titulaire en concertation avec la Ville. De plus, l’attractivité des tarifs contribuera à favoriser l’accès de la salle au plus grand nombre. »

Ce cahier des charges contraignant, place le Cinéma « Rouge et Noir » comme un outil de diffusion culturelle au même titre que la Bibliothèque, l’Ecole de Musique ou la saison culturelle de la municipalité.

Lieu de culture, la salle de cinéma devient un moyen de rencontre entre les habitants d’un territoire, donc, de lien social, notamment par toutes les activités qui peuvent s’y dérouler dès lors qu’on ne se limite pas à la seule projection.

L’association gestionnaire « Allons au cinéma » répond-elle au cahier des charges ?

Oui, le gestionnaire, l’association « Allons au cinéma » va au-delà de son cahier des charges.

C’est ainsi que l’association gestionnaire a pu offrir sur la saison 2014/2015 :

  • 852 séances publiques
  • 94 séances scolaires
  • 32700 entrées
  • 203 films projetés
  • 680 spectateurs par semaine
  • 12 soirées débat avec invités
  • 6800 entrées scolaires
  • 1300 entrées CCAS Mairie (+ de 69 ans)
  • 2 séances en plein air gratuites
  • 3 semaines thématiques (italienne, allemande, latino-américaine) avec des animations spécifiques
  • Un club de cinéma 6-12 ans « La Lanterne Magique» (180 enfants/9 films/18 séances)
  • 5 avant-premières
  • 5 films de patrimoine
  • 10 analyses de films et 6 conférences sur le cinéma
  • 15 documentaires
  • 35 court-métrages
  • Et des séances à la demande des associations
  • Et des ciné-gouters pour seniors
  • Et des apéros dinatoires
  • Et une participation à des semaines thématiques comme le festival du « film vert » (festival franco-suisse) ou la semaine du développement durable…

L’association gère de même un espace bar « les 400 coups » en parallèle de la salle pour offrir un espace de convivialité permettant la tenue de mini-concerts, de petites expositions, de cafés-philo et citoyens, de débats pour des analyses de films, de goûters séniors, …

Pour assurer le fonctionnement de cette « Machine », l’association, s’appuie sur 3 salariés à temps plein (un directeur et deux projectionnistes) et plus de 40 bénévoles actifs qui assurent le contrôle des tickets, le nettoyage de la salle entre deux séances, la tenue du bar des « 400 coups », l’organisation des différentes manifestations …

L’association est soutenue aussi par plus de 420 adhérents qui élisent un conseil d’administration de 21 personnes dont est issu le bureau.

Quel choix politique avait fait l’ancienne municipalité ? 

Entre rentabilité purement commerciale et projet socio-culturel, l’ancienne municipalité avait fait le choix de la culture accessible et de proximité.

Afin de préparer la continuité de l’exploitation du cinéma à compter du 1er Aout, le marché va donc être relancé, comme le prévoit la loi, dans le cadre classique d’une consultation publique, puisqu’il s’agit ici de confier la gestion d’un équipement public à un tiers.

La municipalité de l’époque avait opté pour une procédure de type « marché de gérance ».

Qu’est-ce qu’un marché de gérance ?

La collectivité touche l’ensemble des recettes issues du cinéma et verse au titulaire une rémunération destinée à couvrir l’ensemble des charges d’exploitation. Un intéressement au-delà d’un nombre de spectateurs avait également été organisé.

Il faut comprendre que ce type de cinéma « ne peut être une activité commerciale destinée à devenir rentable ou même à s’équilibrer, mais un lieu culturel à part entière déployant des activités de diffusion, d’animation, de formation et d’éducation à l’image, de rencontres avec des professionnels ».

L’objectif était d’obtenir la meilleure qualité de gestion et de respect d’un cahier des charges pour animer un lieu culturel de la ville.

L’association propose donc, aujourd’hui, un projet culturel ambitieux qui repose sur une expérience avérée en matière de programmation art et essai et sur des interactions avec le tissu associatif local.

Elle développe de même une vraie politique à destination des jeunes à tous les âges scolaires avec un vrai partenariat avec les établissements scolaires, mais aussi un club de cinéma la Lanterne Magique qui propose aux enfants de 6 à 12 ans de découvrir le cinéma autrement. 9 films par an avec un prix accessible à tous. Quelques jours avant chaque séance, les enfants reçoivent un journal illustré qui leur présente le film et avant la projection, une animation interactive interprétée par des comédiens les prépare à la découverte du film.

L’avenir du cinéma peut-il se réduire à des choix purement économiques ?

Pour nous Non ! Les questionnements économiques ne doivent pas remettre en cause de la qualité de service ou de la « convivialité ». Pire ce serait une hérésie qui condamnerait le modèle existant qui a du succès.

Les contraintes budgétaires que rencontrent aujourd’hui les collectivités locales vont mettre encore plus les gestionnaires de ce type de salle sous pression économique dès que les marchés ou délégations de service qui gèrent les conditions d’exploitation arrivent à échéance.

C’est le cas de votre cinéma dont le marché de gérance arrive à terme en aout 2016.

Vous l’aurez compris, l’approche de ce nouveau contrat sera essentielle :

  • Nous n’accepterons pas une approche purement économique qui veut calquer la gestion du cinéma sur un bien de consommation qui ouvrira les portes aux acteurs de pure diffusion de films mais qui auront des difficultés à remplir un cahier des charges de diffusion culturelle et d’actions municipales. La gestion du cinéma « Rouge et Noir » ne peut pas se résumer à un fichier Excel !
  • Nous voulons une approche « équipement culturel » qui demande au futur gestionnaire une grande implication dans le réseau local pour faire de ce lieu un véritable espace de rencontre, de convivialité et d’ouverture à la médiation culturelle.

L’approche économique doit au contraire soutenir l’approche équipement culturel et la valeur ajoutée de l’offre si particulière du cinéma Rouge et Noir. La clientèle du Rouge et Noir vient chercher la qualité et la proximité du cinéma, un cinéma différent du Multiplex qui ne travaille pas sur les mêmes valeurs. »

Où en sommes-nous avec le nouveau marché public ?

Du type de consultation à la rédaction du cahier des charges, c’est un choix politique qui vous concerne.

Les conditions de la consultation qui va être lancée dès février 2016 seront un signal fort sur le choix qui va être fait par la Majorité. Une première décision a été prise : le choix du type de procédure. En effet la Collectivité peut utiliser trois grands types de contrat :

  • le marché de gérance
  • la régie intéressée
  • la délégation de service public

Ces trois procédures se distinguent par le partage des risques entre la collectivité et le gestionnaire :  du marché de gérance qui garde les risques à la collectivité à la DSP qui donne l’essentiel des risques au gestionnaire.

La Municipalité, même si cette décision n’est pas encore officielle, a opté pour une régie intéressée qui partage le risque entre le gestionnaire et la collectivité.

Nous  validons ce choix qui peut ne pas être éloigné du marché de gérance actuel et qui permet de partager les risques financiers entre le gestionnaire et la ville, condition à nos yeux sine qua non pour que notre cinéma de qualité ait un avenir.

Mais tout dépendra du cahier des charges que nous attendons de pied ferme. Il nous éclairera sur les véritables intentions de la Majorité en termes de politique culturelle et économique : 

  • Un cinéma qui fait partie des outils culturels de la ville et qui développe une véritable proximité avec son public ?
  • Ou un cinéma qui devient un outil de consommation de « produit filmique » mais qui sera directement en concurrence avec les grands Multiplex de la région ? 

Quelle est la priorité des élus d’un vrai cap ?

C’est maintenir la qualité de notre cinéma actuel à la fois en termes de programmation et d’animations pour tous.

Nous  croyons à un cinéma de proximité qui sait être proche de ses spectateurs, un cinéma de proximité qui reste un lieu de convivialité, d’animation et de rencontres dans un centre-ville qui en a bien besoin.

Ce choix est d’abord un choix politique qui doit se retrouver clairement dans le cahier des charges.

Nous attendons encore ce document que nous avons d’ores et déjà demandé et que nous discuterons, nous l’espérons, avant sa présentation au conseil municipal.

 

 

 

Un commentaire

  1. evelyne malod dognin

    Merci pour cet article très détaillé sur notre cinéma. Le lire m’a remis en mémoire le cheminement de cette belle initiative et l’émotion ressentie le jour de son inauguration. Emotion qui m’étreint d’ailleurs régulièrement lorsque je m’offre une toile au Rouge et Noir, tant la qualité de sa programmation est propice à la faire naître. Vous l’aurez compris, j’aime ce cinéma pour le cinéma qu’il nous propose mais pas seulement. Je l’apprécie aussi pour l’état d’esprit qui y règne, du guichet d’accueil à la porte de la salle et bien sûr aux 400 coups qui nous permet de débattre du film, d’échanger nos points de vue et nos ressentis, à chaud en buvant une tisane ou un sirop (on préférerait parfois un coup de rouge mais bon, on ne peut pas tout avoir!!!). Je veux rester persuadée que l’équipe municipale qui dirige aujourd’hui notre ville est, pour la plupart de ses membres, elle aussi très attachée à ce cinéma, qui est un des jolis fleurons de notre ville et pas seulement. A lire les commentaires qui émaillent certaines signatures sur la lettre de soutien en ligne, je constate que si avant les St Juliénois se rendaient à Genève pour aller au ciné, aujourd’hui c’est souvent l’inverse, tout au moins pour nos voisins suisses les plus proches de la frontière. Et on les comprend! Je vois aussi que le Rouge et Noir est largement apprécié en dehors de St-Julien par les habitants des communes avoisinantes. Et c’est tant mieux. Faire venir des gens de l’extérieur à St Julien pour y apprécier un film est un excellent moyen de faire apprécier notre petite ville qui grandit trop souvent en ne faisant pousser du béton. J’entends que notre cinéma coûte aujourd’hui trop cher à la commune. Je comprends – comme tout un chacun je pense – que nos communes sont aujourd’hui moins à l’aise financièrement qu’hier puisqu’elles participent à l’effort national de remboursement de la dette. Je regrette cependant que les économies, nécessaires, affectent la partie culturelle de notre budget. La culture est le ciment de la société, un indispensable élément de cohésion sociale par les rencontres qu’elle favorise dans la diversité des origines sociales, culturelles, religieuses… les échanges qui ne se feraient sans doute pas ailleurs qu’au cours d’un spectacle ou d’une fête, la confrontation des idées, le développement de la tolérance, etc. Pleurer ou rire ensemble, n’est ce pas la meilleure preuve que nous sommes tous des humains, différents mais tellement semblables! Il me semble que privilégier la culture
    est essentiel dans le monde d’aujourd’hui, encore plus qu’hier peut-être.
    Je lis sur le blog de notre maire que les plus démunis n’ont pas à supporter le coût du cinéma. Ce coût semble pourtant minime par habitant, d’autant plus si l’on considère que les plus démunis n’ont pas à le supporter puisqu’ils ne sont pas soumis à l’impôt en général. En revanche, on ne s’étonne pas que les moins nantis participent au financement du festival Guitare en scène, qui ne dure que quelques jours, dont le prix des places est inaccessible au bas revenus et qui a bénéficié l’an dernier d’une généreuse subvention de 84 000 euros, soit à peu près le déficit actuel de notre cinéma qui lui est actif tout au long de l’année, y compris auprès des populations scolaires – et des personnes âgées dont il est souvent la seule distraction. Il y a là quelque chose qui cloche me semble t il. Y aurait il deux poids deux mesures dans l’affectation de l’argent public et du soutien culturel? La question me taraude, avez vous une explication qui me puisse me rassurer?

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