Accueil / Que font vos élus ? / Plus que jamais unis autour de nos valeurs républicaines
Plus que jamais unis autour de nos valeurs républicaines

Plus que jamais unis autour de nos valeurs républicaines

Moins d’un an après les attentats de « Charlie Hebdo », l’horreur s’est à nouveau abattue  sur la France. Les attaques qui ont eu lieu à Paris s’en sont prises aux fondements de notre société. « Elles sont une atteinte aux liens qui nous unissent, à notre humanité, à notre tolérance, à notre liberté et au respect que nous nous devons les uns aux autres* ».

Elles cherchent à nous terroriser. La meilleure des réponses est de garder la tête haute en  montrant chaque jour que notre devise Liberté, Egalité et Fraternité est ancrée dans notre manière de vivre, que nous sommes toujours capables de voir des concerts et de prendre l’apéritif aux terrasses des bistrots car «  la liberté, il faut en user et même en abuser ».

Notre devoir : rester responsables et unis

Notre rôle, c’est aussi de réaffirmer au quotidien notre engagement à maintenir les institutions républicaines qui nous permettent de vivre dans un Etat démocratique libre qui reconnait toutes les différences.

Mes (Nos) pensées vont en priorité aux victimes, à leur famille et à leurs proches, ces victimes fauchées dans leur moment de loisir, de plaisir et de partage, ces victimes qui ne réaliseront jamais leurs rêves, ces victimes qui nous manquent et qui manqueront à la société.

Il nous faut aujourd’hui accepter une restriction de nos libertés dans le cadre de l’Etat d’Urgence décrété, pour permettre à notre société de faire face (même si le risque existe de devoir se battre pour les retrouver). L’état d’urgence répond à cette obligation et implique l’unité nationale autour de nos gouvernants et élus qui se doivent d’être à l’écoute les uns des autres et dépasser les querelles politiciennes. Merci à Alain Juppé et Xavier Bertrand qui ont su montrer en la circonstance leur capacité à être des « hommes d’état » ; je renvoie les autres à leur « petite cuisine électoraliste » et je ne les nommerai pas.

Etre ensemble pour partager et se recueillir : nous l’avons demandé

Vendredi 13, nous étions à Paris, nous gardions nos petits-enfants en l’absence de leurs parents ; nous avons ressenti un grand vide et une horreur absolue en entendant le nombre de morts qui s’allongeait au fil des heures. Il nous a fallu, comme beaucoup de parents et de grands -parents, expliquer à nos petits-enfants ce qui venait de se passer. Le lundi matin, les enseignants prenaient le relais ; qu’ils soient remerciés pour ce difficile et délicat exercice auprès des enfants.

Un journal gratuit parisien du lundi suivant les attaques dans la capitale a consacré une page  aux réactions et aux témoignages d’internautes. Le petit mot d’un anonyme m’a particulièrement touché :

« Toi le terroriste de Daech ou d’ailleurs, sais-tu que la liberté n’est pas de tuer, mais de vivre ? Sais-tu que vivre heureux, c’est avoir une famille ? Sais-tu que le bonheur est de voir un sourire sur un visage ? Sais-tu que sortir voir un concert est un plaisir ? Sais-tu que se retrouver entre amis, c’est passer un bon moment ?  Sais-tu que vivre caché, ce n’est pas être libre ? Et pour finir, sais-tu que ce que tu ne sais pas, ceux qui t’ordonne de tuer, eux, le savent ? »

Personnellement, j’ai eu  besoin d’un moment de partage. Etre ensemble autour des lieux endeuillés ou devant un monument aux morts permet de se rassurer, d’afficher notre résistance, notre fraternité et notre solidarité. Etre ensemble réchauffe le cœur et redonne de l’élan… A la demande de notre groupe minoritaire au conseil municipal du mercredi 25 Novembre, le Maire de Saint Julien, dans un premier temps réticent, a consenti à autoriser un moment de recueillement pour la population, moment de partage qui s’est déroulé devant le monument aux morts pendant la cérémonie officielle aux Invalides.

Résister à l’amalgame

Par-dessus tout, au-delà de la compassion et de l’incompréhension, nous devons  résister à l’amalgame. Ces attentats menacent aussi la communauté musulmane et chacun doit comprendre que l’un des objectifs des terroristes est bien d’opposer notre population. N’oublions pas que les victimes de ce 13 novembre sont une représentation de notre diversité  : chrétiens, juifs, musulmans, athées, blancs, noirs ou « beurs », français ou étrangers, les balles n’ont pas choisi.

Ce sont les principes de laïcité qui doivent nous aider à proposer une organisation de la société nous permettant de mieux vivre ensemble. Le groupe de travail «  laïcité » de l’association des Maires définit cette notion de la manière suivante : « La laïcité, depuis plus d’un siècle revêt un double sens. C’est un mode d’organisation juridique et politique de la société, issu de la loi de 1905 qui acte la séparation des églises et de l’Etat. Mais c’est aussi une approche philosophique du vivre ensemble, que l’on peut qualifier d’humaniste parce qu’elle ne se réfère à aucun dogme religieux ni à aucune vérité révélée et qu’elle n’est soumise à aucun appareil religieux.

Nous rappelons ainsi que la laïcité est avant tout un principe de concorde et qu’elle n’est l’apanage d’aucun groupe de pensée. »

Toutefois si la laïcité représente encore plus aujourd’hui une valeur essentielle de la République, nous devons nous interroger aussi sur les raisons sociales ou culturelles de cette dérive dite « fondamentaliste » qui touche autant des populations françaises de souche que des populations issues de toutes les immigrations.

Le moteur principal reste une mauvaise intégration dans notre société voire une non intégration (chômage, logement, échecs scolaires ou autres…) qui facilite le travail d’approche et d’appropriation du jeune par des discours intégristes ou djihadistes car il se sent  rejeté par son environnement mais écouté et compris par ces groupes qui prônent la violence. C’est ainsi, le discours extrémiste fascine  ceux qui ont un différend avec l’ordre social mais aussi les plus jeunes qui sont encore à la recherche de leur propre identité.

Le travail de proximité ne peut pas s’économiser….

Le rôle de nos institutions (école, état, services publics…) est essentiel et les collectivités ont toute leur place dans ce travail de proximité. Encore faut-il ne pas trop diminuer les capacités financières et d’encadrement humain des services jeunesse, des associations travaillant dans les quartiers comme les MJC ou les associations sportives, culturelles et sociales dont le rôle est bien de faire et de créer du lien, lien qui permet soit d’éviter l’isolement soit de le percevoir pour pouvoir agir à temps. Oui, je pense, qu’en ces temps d’économies, nous devons faire attention à nos priorités et ne pas rogner sur l’essentiel : notre vivre ensemble qui représentera toujours un axe majeur de notre société.  A vouloir économiser sur l’essentiel, nous risquons de payer le prix fort en matière de concorde sociale.

 

 

Un commentaire

  1. Bravo et merci pour ce texte. Hélas… lors de la tuerie de Charlie Hebdo nos politiques en ont tous appelé aux vertus de l’éducation et de la culture pour éviter que de semblables horreurs ne se reproduisent. Mais tant au niveau national que local quelles sont les mesures qui ont été prises? Coupes dans tous les budgets qui favorisent l’intégration et l’égalité des chances, voilà ce qu’on nous propose en guise de réponse. Et très localement, au niveau de notre commune, que voit-on? le festival Enfance de l’art supprimé, la MJC condamnée à revoir son et ses projets, les subventions aux associations réduites avec de surcroit la menace de leur faire payer les salles qu’elles utilisent au service du plus grand nombre, les clubs sportifs se partageant des salles mal équipées et/ou pas chauffées, et depuis quelques temps des Services Techniques devenus incapables d’apporter l’indispensable soutien au bon fonctionnement de ces associations ou clubs qui font vivre la ville, rassemblent, intègrent, et assument ce fameux « vivre ensemble » qui est sur toutes les lèvres des politiques en tant que concept mais bien peu dans la réalité de leurs actions… On ne refera pas le monde avec de beaux discours! mais avec des actions au quotidien, pas à pas, au plus près de la réalité de ceux qui vivent à côté de nous mais pas assez AVEC nous.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

Scroll To Top